La fraude à l’assurance vie

Vous savez déjà que la fraude à l’assurance est une pratique qui a de l’avenir et les malfrats ou arnaqueurs en tout genre sont sur le pied de guerre pour trouver des nouvelles façons de profiter du système des assurances. Toutes les catégories de l’assurance sont touchées et l’assurance vie n’échappe pas à la règle. De part sa particularité, l’assurance vie doit faire face à des cas d’escroqueries parfois surprenantes et qui sortent de l’ordinaire. La réalité dépasse la fiction dans les cas d’arnaques en assurance vie.

La fraude à l’assurance en cas de vie

Dans la cadre du contrat d’assurance vie en cas de vie, il n’y a pas vraiment de place pour les arnaqueurs. Il s’agit d’un placement d’épargne, on donne de l’argent à l’assureur qui nous le rend après une dizaine ou une vingtaine d’année si l’on est encore en vie. Bien entendu l’assuré y gagne des intérêts mais ça ce n’est pas vraiment une arnaque, c’est juste le principe de fonctionnement du capitalisme et des placements financiers. Plus on place une grosse somme d’argent et plus on en tire des bénéfices. Plus on place cet argent à long terme et plus les intérêts sont élèves. Ce n’est pas un secret et tout le monde est au courant alors pourquoi on parle d’arnaque dans le cadre de l’assurance en cas de vie ?

Ce qui se passe à l’heure actuelle, c’est que des personnes utilisent l’assurance vie comme une simple épargne. Une épargne sans risque et qui en plus sert à blanchir de l’argent. Les plus crapuleux n’hésitent pas à prendre un contrat d’assurance vie puis au final ils vont racheter ce contrat au bout de moins d’un an. Ce qui fait qu’ils utilisent de l’argent sale provenant par exemple de la drogue et ils ressortent avec de l’argent propre qui provient de la compagnie d’assurance et dont il sera impossible de mettre en doute l’origine. L’union européenne a bien compris la main-d’œuvre des truands et désormais il est interdit pour les compagnies d’assurances d’accepter de l’argent liquide. Ce n’est pas que les assureurs soient des personnes blanche comme neige, c’est juste que la politique européenne cherche à lutter contre le blanchiment d’argent et oblige les assurances à y contribuer qu’elle le veuille ou non. Jusqu’à présent les assurances ne sont pas vraiment les réservoirs à argent d’organisation terroriste ou mafieuse mais sans un contrôle strict il se peut que cela change.

Le blanchiment d’argent est le plus gros problème de l’assurance vie en cas de vie. Dans l’union Européenne les politiques ont mis en place un système de régulation et de surveillance pour ne pas que ces assurances puissent servir à blanchir l’argent sale de nos malfrats. Imaginez-vous à quel point la vie serait belle pour ces derniers si l’on pouvait effectivement donner des grosses sommes d’argent en liquide aux assureurs. Ça serait presque un petit paradis. En allant chercher sa baguette à la boulangerie, le malfrat passe par son agence d’assurance et y souscrit un contrat d’assurance vie et au passage il blanchit son argent sale. On ne peut pas faciliter la vie des mafieux et autres trafiquants à ce point. Il n’est pas question que l’assurance puisse devenir une plaque tournante de l’argent sale. Les assurances ne sont pas tenues par le secret bancaire et quand il y a de l’argent liquide qui est proposé, les autorités sont automatiquement contactées. Déjà que l’assurance souffre d’une mauvaise image auprès des ses assurés alors si en plus elle se met à tomber dans l’obscurantisme du grand banditisme…

Toujours est-il que la palme d’or des arnaques est bien dans le camp de l’assurance vie mais pas en cas de vie. C’est en cas de mort que les arnaques sont les plus ingénieuses ou les plus fréquentes.

La fraude à l’assurance en cas décès

La fraude dans ce type d’assurance vie en cas de décès est tellement courante qu’on peut la séparer en deux catégories : La fraude désespérée et la fraude organisée. Dans les deux cas il s’agit de fraude mais les motivations ne sont pas les mêmes. Dans le cas de la fraude désespérée le fraudeur et au bord du gouffre notamment sur le plan financier et pour s’en sortir il essaye d’arnaquer son assureur. La fraude organisée est plus perverse car l’arnaqueur est un professionnel et ce n’est pas par dépit ou pour se sortir d’une situation difficile qu’il cherche à arnaquer son assureur. Disons que c’est un gagne pain et plus il trouvera une bonne combine, plus il pourra récupérer des sous chèrement volés à son assureur. Sur le fond, l’arnaqueur désespéré semble avoir des raisons plus louables pour se mettre à vouloir truander son assureur mais il n’empêche que ça reste de l’arnaque. Et puis je vous laisse deviner qui est le plus performant en matière d’arnaque entre un désespéré et un professionnel…

La fraude désespérée :

Ce type de fraude découle d’une situation difficile d’une personne qui pour s’en sortir est prêt à tout même au pire. Le pire n’est pas ici d’arnaquer son assureur même si cela est déjà une mauvaise chose. Le pire ici c’est de prendre des risques importants et de mettre sa propre vie en jeu pour toucher de l’argent. On a vu des cas ou des assurés se mutilaient eux-mêmes dans le seul but de toucher de l’argent. Il est presque difficile de ne pas avoir de sympathie pour ces malheureux fraudeurs. S’ils en arrivent là ce n’est pas toujours de leur faute et parfois dans le désespoir on trouve des solutions qui ne sont pas toujours les meilleurs pour s’en sortir. Ces personnes désespérées représentent un type de fraudeur isolé, c'est-à-dire qu’in n’agisse pas en réseau et qu’ils n’ont pas vocation à reproduire la fraude. Imaginez que pour frauder la personne doit se mutiler, elle ne va pas s’arracher tous les membres de son corps simplement pour toucher de l’argent. La fraude désespérée est souvent retranscrite par les médias qui savent bien ce qui fait vendre les journaux. Une situation désespéré qui se termine par un acte désespéré, ça faite vendre et cela aura toujours une place dans les faits divers des journaux.

Exemple d’un fait divers de fraude désespérée : Le corps d’une mère de deux enfants avait été découvert carbonisé dans sa voiture en flammes sur la bande d’arrêt d’urgence, près de Pézenas dans l’Hérault. Son mari avait expliqué que le véhicule s’était soudain embrasé sans qu'il puisse tenter de la secourir.

Le soir des faits, des automobilistes aperçoivent une voiture en flammes et un homme qui tente désespérément d’extraire une femme de l’habitacle. Aux pompiers et aux gendarmes arrivés sur les lieux, il explique qu’il conduisait son épouse aux urgences de la clinique de Lodève après l’avoir découverte inanimée à cause d’une absorption massive de médicaments. Il raconte ensuite que la voiture est tombée subitement en panne, qu’il l’a garée sur la bande d’arrêt d’urgence et qu’elle s’est soudain embrasée alors qu’il se trouvait à 150 mètres, en train de poser le triangle signalant l’obstacle. Il assure avoir tout tenté pour extraire son épouse mais que la portière avant droite était bloquée à cause de la barrière de sécurité.

Une version qui, de premier abord, paraît plausible. Mais qui ne séduit pas le procureur de Béziers, Patrick Mathé. Quelque peu intrigué par ce récit, le magistrat ordonne une autopsie en urgence. Les résultats sont tombés mardi : selon les légistes montpelliérains, la victime était déjà morte quand elle a péri brûlée. Dans la soirée, le mari a été placé en garde à vue au commissariat de Sète par les enquêteurs du Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Montpellier pour qu’il s’explique sur cette contradiction. Selon une source judiciaire, « il n’a pas tardé à modifier sa version initiale ».

Le drame se serait en fait déroulé dimanche soir, dans le pavillon du couple, à Saint-Pargoire, à 30 kilomètres à l’ouest de Montpellier, alors que les deux enfants âgés de 7 et 8 ans étaient endormis. Après une énième dispute conjugale, la victime aurait décidé d’en finir avec la vie et se serait pendue. En découvrant la scène, le mari aurait alors imaginé un scénario destiné à maquiller le suicide en accident pour percevoir l’assurance-vie car en cas de mort volontaire, la prime n’était pas versée par la compagnie d’assurance.

Le mari a alors transporté le cadavre de sa femme dans la voiture, le plaçant sur le siège du passager avant, sans oublier d’accrocher la ceinture. « En cas de contrôle routier, il avait prévu d’expliquer que son épouse était endormie », relève cette même source.

Il aurait ensuite mis le feu au véhicule puis inventé l’histoire d’une panne subite et d’un court-circuit dans le moteur. L’autopsie écartera cette hypothèse, un expert judiciaire venu de Marseille avait toutefois déjà émis un sérieux doute, dès lundi soir, après avoir examiné la carcasse de la voiture. A l’issue de la garde à vue du policier, la procédure judiciaire débouchera sur une instruction criminelle.

On voit bien dans ce cas, le désespoir du mari qui retrouve sa femme morte suite à un suicide et qui décide le soir même de tenter l’impossible juste pour toucher une prime d’assurance. On ne connait pas la situation financière de cette personne mais on peut imaginer que celle-ci n’était pas exceptionnelle pour en arriver là. La spécificité de la fraude désespère c’est que bien souvent elle n’est pas programmée à l’avance et s’effectue le plus souvent sous le coup d’une pulsion. Résultat, les assureurs arrivent dans la plupart des cas à prouver qu’il s’agit d’une fraude à l’assurance. Les fraudeurs quand ils ne sont pas des professionnels représentent un danger moins grand pour l’assurance.

La fraude « crapuleuse »

La fraude crapuleuse n’est pas réservée aux amateurs qui agissent sur un coup de tête. C’est une fraude longuement préparée et réfléchie qui peut s’effectuer en réseau ou même individuellement. La différence avec la fraude désespérée c’est que la personne qui effectue une arnaque dite « crapuleuse » n’est pas forcement dans une situation de détresse. C’est juste pour lui un bon moyen simple et efficace de mettre du beurre dans les épinards voir du caviar dans son verre de champagne. Il existe une multitude d’arnaque à l’assurance vie et les malfrats redoublent d’efforts pour trouver le plan idéal. Pour autant les assureurs ne sont pas des néophytes et il reconnaissent assez rapidement les tentatives d’arnaques.

L’exemple de Monsieur Fong Vitaya : Mr Fong vitaya est un français d’origine laotienne qui à quitter son pays natal assez jeune pour fuir avant tout la pauvreté. Avec ses relations, notamment des membres de sa famille déjà présents en France il a pu obtenir la nationalité française et s’installer définitivement dans son pays d’accueil.

Il a pu se construire une vie paisible en région parisienne et s’est mariée avec une laotienne. Une bien belle histoire jusque là mais qui va vite mal se terminer. Vitaya part en vacance avec sa femme au Laos pour retrouver ses racines mais quand il revient de son voyage il est seul et il se rend abattu chez son assureur. Sa femme est décédée et la triste histoire de monsieur Fong aurait pu s’arrêter là. Son assureur et sceptique devant la déclaration de mort de sa femme. Surtout, l'assureur c’est bien qu’une attestation de mort au Laos est facile à se procurer et qu’avec un ou deux petits billets on s’en procure une assez facilement. Un certificat de décès français et un certificat de décès laotien n’ont pas vraiment la même valeur aux yeux d'un expert en assurance. Pour en avoir le cœur net, l’assureur envoie un enquêteur au Laos. Le laos est un petit pays et il est assez facile de retrouver une personne surtout avec des éléments comme ceux qu’avait l’enquêteur. Finalement, ce dernier retrouve la femme de Monsieur Fong et elle est encore en vie. Elle n’est pas au courant des agissements de son mari et se déclare surprise de sa déclaration. On ne sera pas si le couple avait prémédité ensemble cette fausse mort mais ce qui est certains c’est que Vitaya a menti à son assureur pour toucher l’assurance vie qu’il avait contracté sur sa femme. Il n’avait sans doute pas envisagé que l’assureur mènerait une enquête et serait capable de découvrir la supercherie.

On parle ici de fraude crapuleuse car il s’agit d’un plan élaboré même si celui-ci n’est pas parfait et qu’il n’y a pas mort d’homme. On fait mieux en matière de crapulerie et ça va jusqu'au meurtre.

Aux Etas unis, deux femmes ont tué pour toucher l’assurance vie :Olga et Helene sont deux citoyennes américaines qui ont fait la une des faits divers en matière d’assurance vie. Elles étaient amies depuis plus de vingt ans. Ensemble, elles s'étaient engluées dans plusieurs magouilles et s'en étaient toujours sorties indemnes. Poussées par la soif de l’or, elles ont poussé l'audace jusqu'à ses limites et ont concocté un scénario diabolique.

Elles ont cherché un sans domicile fixe et l’ont recueilli pendant deux ans. Puis, elles lui ont fait prendre une assurance-vie avant de l'assassiner pour toucher l'argent. Comme cela s’est bien passé une première fois elles ont recommencé une deuxième fois.

Paul Vados a ainsi trouvé la mort en 1999, à 73 ans, renversé par une voiture dans une allée sombre peu fréquentée de Los Angeles. On sera plus tard que la conductrice de la voiture était Olga. Les deux meurtrières ont eu de la chance, si on peut dire. Cette nuit-là, une pluie torrentielle a lavé tout indice. La police a cru à un accident. Affaire classée. En 2005, c'est au tour de Kenneth McDavid, 50 ans, d'être victime du même sort. Écrasé par un véhicule. A la différence que cette fois, une caméra capture l'image d'une voiture grise tournant dans l'allée où il a trouvé la mort. Quelques semaines plus tard, les deux femmes sont appréhendées. Elles ont déjà touché 2,8 millions de dollars d'assurance-vie.

Interrogées par la police, elles essayent de se disculper et s'accusent mutuellement. C’est désormais à la justice de trancher. Les deux femmes risquent le peine de mort puisqu’elles sont jugés pour double meurtre avec prémédication et en association.

Dans ce dernier cas il est presque insultant de parler de fraude crapuleuse tant la barbarie de la fraude est grande. C’est plus une fraude diabolique qui aura coûté la vie à deux innocentes personnes.

Fraude désespérée ou crapuleuse, l’assurance vie n’est pas épargnée par le phénomène et elle tente comme elle peut de combattre le phénomène. Impossible d’éradiquer les fraudes car certains sont prêt à tout pour de l’argent.

Conclusion :

Dans la cadre du contrat assurance vie en cas de décès il ne faut pas non plus que ce soit une incitation au meurtre. En effet, si vous êtes l’ayant droit il faudra attendre que le souscripteur décède pour toucher une grosse somme d’argent. Certain seront tenter de remplacer le destin et de tuer eux mêmes les souscripteurs. Cela reste une arnaque à l’assurance bien que les fautifs seront traités comme criminels et non comme arnaqueurs. Dans les journaux du monde entier on peut retrouver des traces de ces faits divers et je me demande si l’assurance vie n’en est pas en partie responsable.

Un commentaire sur “La fraude à l’assurance vie”

  1. MILAN dit :

    Bonjour,

    Une simple question:

    Une fille ayant une procuration sur les comptes de sa mère, peut-elle signer des versements du compte courant de sa mère en direction de l’assurance-vie de sa mère, sachant qu’elle n’est pas le souscripteur?

    Le souscripteur est la mère.
    La fille a juste une procuration sur les comptes de sa mère.
    Merci de votre réponse.

    Cordialement

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